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Ukraine et Russie discutent à Genève, les territoires au coeur des négociations
information fournie par Reuters 17/02/2026 à 12:42

Deuxième session de négociations trilatérales entre les États-Unis, la Russie et l'Ukraine

Deuxième session de négociations trilatérales entre les États-Unis, la Russie et l'Ukraine

par John Revill

Des représentants de l'Ukraine et de la Russie se réunissent pour deux jours à ‌partir de mardi à Genève pour un nouveau cycle de pourparlers chapeautés par les Etats-Unis pour tenter de mettre fin à quasiment quatre ans de guerre, Moscou faisant de la question des territoires son principal thème ​de négociation.

Le Kremlin a prévenu qu'il ne fallait s'attendre à aucune annonce majeure lors de cette première journée de discussions en Suisse.

Donald Trump, qui s'était dit en mesure de négocier une issue au conflit en seulement 24 heures avant son retour au pouvoir à Washington l'an dernier, presse les deux camps de parvenir à un accord de paix. Le président américain a présenté son homologue ukrainien Volodimir Zelensky comme un "obstacle" ​à la paix, ce que ce dernier a rejeté en se plaignant de subir davantage de pressions américaines que le président russe Vladimir Poutine.

Interrogé par des journalistes à bord de l'avion présidentiel Air Force One au sujet de ses attentes quant à ces pourparlers à Genève, ​Donald Trump a une nouvelle fois pointé l'Ukraine du doigt.

"Et bien nous allons avoir de grandes discussions. ⁠Cela va être très facile. (...) L'Ukraine ferait mieux de venir rapidement à la table de négociation. C'est tout ce que je vous dis", a répondu le président américain.

La Russie exige que l'Ukraine ‌lui cède les 20% de territoires de la région orientale de Donetsk dont elle n'est pas parvenue à s'emparer près de quatre ans après le déclenchement de son invasion à grande échelle de son voisin le 24 février 2022. Kyiv refuse fermement une telle concession.

"Cette fois-ci, l'idée est de discuter d'un éventail élargi de questions ​dont, en fait, les principales. Les principaux problèmes concernent à la fois les ‌territoires et tout ce qui est lié aux demandes que nous avons formulées", a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

NOUVELLE "FRAPPE MASSIVE" RUSSE

Outre ⁠la question territoriale, la Russie exclut toute adhésion de l'Ukraine à l'Otan et tout déploiement de soldats de l'alliance transatlantique dans ce pays. Avant même son invasion à grande échelle de 2022, la Russie a annexé la Crimée en 2014 ainsi qu'une partie de la région du Donbass, qui englobe les oblasts de Donetsk et Louhansk. Elle contrôle environ 20% du territoire ukrainien.

Kyiv et Moscou ont déjà participé début février ⁠à Abou Dhabi à des discussions alors ‌qualifiées de "productives", ce qui n'a pas empêché la Russie de poursuivre ses bombardements massifs sur les infrastructures énergétiques de son voisin, privant des centaines de milliers d'Ukrainiens d'électricité ⁠et de chauffage en plein hiver glacial.

Le ministère russe de la Défense, cité par l'agence Interfax, a revendiqué mardi une "frappe massive" contre des sites militaro-industriels et énergétiques ukrainiens.

La défense antiaérienne ukrainienne a dit pour sa ‌part que la Russie avait tiré 396 drones et 29 missiles au cours de la nuit, dont respectivement 367 et 25 ont été abattus. Quatre missiles balistiques et 18 drones ⁠ont frappé 13 cibles différentes à travers l'Ukraine, a-t-elle dit.

Volodimir Zelensky a déclaré que les efforts diplomatiques seraient plus efficaces s'ils étaient appuyés ⁠par "la justice et la force". "La force de la pression ‌sur la Fédération de Russie - la pression des sanctions et un soutien ferme et rapide à l'armée ukrainienne et à notre défense antiaérienne", a-t-il écrit sur ses comptes de réseaux sociaux.

LEÇONS D'HISTOIRE

La délégation russe ​dépêchée à Genève est conduite par Vladimir Medinski, un conseiller de Vladimir Poutine, a fait savoir le Kremlin. Le ‌chef du renseignement militaire russe, Igor Kostioukov, participera également aux discussions, tandis que l'émissaire spécial Kirill Dmitriev sera chargé d'une réunion de travail distincte sur des questions économiques.

Les négociateurs ukrainiens ont par le passé accusé Vladimir Medinski de vouloir leur asséner ​des leçons d'histoire pour justifier l'invasion de leur pays par la Russie, ce qui limite les espoirs de percée dans les pourparlers prévus à Genève.

S'exprimant samedi lors de la conférence annuelle sur la sécurité à Munich, Volodimir Zelensky a dit espérer que les discussions seraient "sérieuses, substantielles". "Mais honnêtement, parfois, on a l'impression que les deux camps parlent de choses complètement différentes", a ajouté le président ukrainien.

Au moment de quitter Kyiv ⁠en direction de Genève, le chef de la délégation ukrainienne, Roustem Oumerov, a déclaré que l'objectif d'une "paix viable et durable" n'avait pas changé. Le secrétaire du Conseil ukrainien de sécurité et de défense sera accompagné notamment par Kyrylo Boudanov, directeur de cabinet de Volodimir Zelensky.

En plus de la question des territoires, Kyiv et Moscou affichent des positions divergentes sur le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijjia et sur le rôle potentiel joué par des troupes occidentales dans l'Ukraine d'après-guerre.

Steve Witkoff, l'émissaire spécial de Donald Trump, et Jared Kushner, gendre du président américain, représenteront Washington lors de ce cycle de pourparlers, a déclaré à Reuters une source informée de la question. Witkoff et Kushner doivent également prendre part à Genève à des discussions avec l'Iran.

(John Revill, avec Olena Harmash à Kyiv et Steve Holland à bord d'Air Force One; ​version française Jean Terzian et Bertrand Boucey, édité par Kate Entringer)

2 commentaires

  • 10:22

    Zelensky est un "obstacle à la paix" car il refuse de signer une capitulation de son pays qui reviendrait à en céder une partie et a abandonner une partie de sa population à l'envahisseur ruSSe. Il n'y aurait pas de "négociation" de paix si il n'y avait pas eu de guerre et si poutine n'avait pas orchestré des coup d'etats dans le Dombas et envoyé ses troupes tenter d'envahir et détruire le pays


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